Le projet éolien de l'Érable:

 

Créé en 2009, le Regroupement pour le développement durable des Appalaches estime nécessaire, légitime et vital de s’opposer fermement à l’implantation de mégaprojets éoliens industriels, tant sur le territoire de la MRC de l’Érable qu’à l’échelle des Appalaches.

 

 

 

LES MOULINS À VENT



L’argent n’a pas d’odeur. L’économie n’a pas de sentiment mais elle devrait aider ceux qui cherchent du sens au lieu de tourner à vide. La vérité se perd dans une langue de bois. La petitesse faite loi ne rend justice qu’à la peur. Nos seuls mérites, ce sont les rêves que l’on n’a pas trahis. Les élus ne devraient pas être au service de la finance mais servir les intérêts de la population. On vend déjà nos lacs aux marchands de pétrole. On vend déjà l’enfance à tout pour un dollar. On vend déjà nos morts aux vendeurs d’assurance. On vend déjà le ciel à tant le grain de pluie. On vend déjà la terre à tant le grain de sable. On vend déjà la mer à tant le grain de sel, la lumière aux aveugles et le silence aux sourds. On vend déjà la vie et la sueur des hommes. On vend déjà la terre, le vent et les rivières. On érige des pylônes dans les jardins ouverts comme autant de symptômes. On remplace le rêve par des moulins à vent, la beauté du soleil par des écrans géants, la douceur de vivre par le bruit des moteurs et la monnaie du cœur par la loi des banquiers. Où passeront les oies blanches, les arcs-en-ciel, les orages si l’on enchaîne le grand vent ? On laisse pour du fric d’affreuses cicatrices sur le visage du monde, un temps de gifles grises sur la joue du printemps. Déjà les anges ferment leurs ailes. Les oiseaux tournent en rond. J’ai beau faire vieux jeu perdu dans les montagnes où le chant des mésanges a le goût des érables, je veux le sel des larmes et l’épice du rire à mettre sur la table, tout un bouquet d’abeilles pour sucrer mon café. De colline en colline, de village en village, quelques inquiets se lèvent pour dire c’est assez, ne désaccordez plus le violon du silence, laissez vivre la terre et le souffle du ciel. Veilleurs de la source, ils restent à l’affût, la lumière à la main dans un monde si noir et les mots à la bouche dans les chiffres comptables. Quand ils rêvent à demain, ils pensent aux enfants non aux gérants de banque.


18 juillet 2009
Jean-Marc La Frenière