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Mission
Créé en 2009, le Regroupement pour le
développement durable des Appalaches estime
nécessaire, légitime et vital de s’opposer fermement
à l’implantation de mégaprojets éoliens industriels,
tant sur le territoire de la MRC de l’Érable qu’à
l’échelle des Appalaches.
Pour un développement régional durable
Le Regroupement pour le développement durable des
Appalaches s’oppose donc à l’exécution du Projet
éolien de l’Érable et de tout projet éolien
industriel en zone habitée, tel que le proposent le
Gouvernement du Québec et la société Hydro-Québec.
Nous considérons que l’essence d’un véritable
développement durable consiste à concilier le
développement économique, la qualité de vie et la
préservation de la nature. Le Regroupement estime
que le modèle actuel favorise l’exploitation d’une
énergie propre et illimitée, mais n’en maximise pas
les retombées. En plus de ne pas avoir une incidence
marquée sur la revitalisation des territoires et de
ne pas exercer un effet de levier réel sur
l’économie de la région, ce modèle fait en sorte que
la plus grande part des profits migre à l’extérieur
du Québec. Dans une perspective de vrai
développement durable, le Regroupement adhère à un
modèle d’exploitation régional ou coopératif grâce
auquel la collectivité gère le vent et l’eau comme
des biens collectifs et demeure maîtresse des
décisions, notamment en ce qui concerne le nombre
d’éoliennes compatible avec un tel développement. Il
faut par ailleurs s’appuyer sur une vision à long
terme et ne pas sacrifier le développement régional
sur l’autel de la rentabilité immédiate tel que cela
est actuellement proposé.
Pour la protection de la santé et l’amélioration de
la qualité de vie
De plus, le modèle actuel a un grand nombre de
répercussions négatives importantes sur les
résidants (problèmes de santé et de sécurité,
dégradation du paysage, impact socioéconomique de la
dévaluation foncière, nombreux impacts
environnementaux, etc.) qui sont contraires à l’un
des principes du développement durable, à savoir la
préservation de la qualité de vie. L’étude d’impact
environnemental du promoteur, la société Énerfin,
traite de cet important aspect de façon
superficielle et peu documentée, alors que ce modèle
industriel de projet éolien fait l’objet d’études
exhaustives dans plusieurs pays et d’une forte
contestation, notamment en fonction des problèmes
qui en découlent. Il faut également signaler qu’en
permettant l’application de ce modèle de
développement, le gouvernement du Québec va à
l’encontre de sa propre Loi sur le
développement durable (L.Q. 2006, c. 3),
laquelle stipule que la protection de la santé et
l’amélioration de la qualité de vie des personnes
sont au centre des préoccupations relatives au
développement durable.
Pour des projets démocratiques et participatifs
Le Regroupement dénonce tout le processus initial de
ce projet; ventes sous pression et contrats secrets
avec les propriétaires terriens, les municipalités
et les MRC qui ont été mises devant le fait accompli
et forcées de réglementer, sans information, sans
outils, sans soutien et sans cadre de référence et
qui devront se débrouiller avec ces installations
exemptées de taxes et les obligations qui en
découlent. Par ailleurs, dans le cadre du projet
éolien de l’Érable, le Regroupement dénonce
l’absence d’un véritable processus participatif tel
que le prescrit le Guide à l’intention des
élus municipaux du Québec : Énergie éolienne et
acceptabilité sociale. Selon ce guide, il faut
former un comité de concertation dès le début, et
celui-ci doit se réunir et avoir en mains une
information complète et transparente pour prendre en
compte des solutions de remplacement. Après avoir
insisté pour être représentés au sein d’un comité de
suivi et qu’un poste d’observateur leur ait été
offert, le Regroupement croit que, compte tenu du
degré d’avancement du projet éolien de l’Érable, ce
comité de suivi se reconnaît comme un comité
d’implantation du projet, et que la
sous-représentativité des résidants, des acteurs
récréotouristiques et des microentreprises y est
inéquitable et choquante.
À défaut d’une telle concertation, le Regroupement a
demandé et n’a pas obtenu :
- la réouverture du Règlement de contrôle
intérimaire afin d’y apporter plusieurs
modifications, notamment concernant les distances
séparatrices;
- l’engagement d’une société indépendante (Ruralys)
pour une étude paysagère approfondie;
- une meilleure répartition des éoliennes sur le
territoire de la MRC, de façon à atténuer l’impact
visuel négatif de plusieurs dizaines d’éoliennes
autour des résidences;
- des simulations visuelles plus ciblées, prenant en
compte la réalité des résidants et les
particularités du paysage;
- des études de bruit mesurant les décibels de type
B et C, ceux-ci étant inaudibles et réputés avoir
une forte incidence sur les humains et les animaux;
- des cartes claires et précises indiquant
l’emplacement des éoliennes et de toutes les
résidences se trouvant à l’intérieur du parc
projeté;
- la convocation de tous les résidants par lettre
personnelle pour bien expliquer le projet avec
l’aide de personnes-ressources compétentes
Un équilibre fragile à préserver
Le gouvernement du Québec agit de façon précipitée
et chaotique en ce qui a trait au développement de
l’énergie éolienne, et il fait preuve d’opportunisme
alors que nous sommes très loin d’une pénurie, à
savoir que les surplus d’Hydro-Québec sont 25 fois
plus grands que la production annuelle du projet
éolien de l’Érable. La société Hydro-Québec, dans
plusieurs déclarations contradictoires, affirme que
cette énergie en surplus est destinée au marché
intérieur alors qu’il n’en est rien; les prévisions
d’exportation vers les États-Unis et la ligne de
transport projetée vers la Nouvelle-Angleterre
signifient tout le contraire. Le monde rural est un
écosystème fragile où les habitants ont établi un
équilibre entre l’exploitation des ressources, le
patrimoine bâti et paysager, et les diverses
activités humaines. Un tel projet de méga parc
éolien industriel est incompatible avec le milieu
retenu et met sérieusement en danger cet équilibre.
Les opposants au projet réitèrent leur croyance en
un véritable développement durable pour la région et
comptent proposer des solutions en accord avec ce
principe tout en refusant l’implantation de projets
éoliens industriels sur les territoires habités des
Appalaches. Seuls les territoires non habités au
nord de la vallée du St-Laurent sont susceptibles
d’accueillir de tels projets, et ce, sur la base
d’études beaucoup plus complètes quant aux éventuels
impacts environnementaux, et ce, dans la perspective
ultime de diminuer réellement les émissions de gaz à
effet de serre.
Les membres du Regroupement pour le développement
durable des Appalaches sont intimement convaincus
que leur opposition à un tel modèle de projet éolien
doit s’étendre à l’ensemble des Appalaches, car ils
sont animés par le principe voulant que les
décisions que nous prenons aujourd’hui sont
l’héritage que nous laissons à nos enfants.
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