Le projet éolien de l'Érable:

 

Créé en 2009, le Regroupement pour le développement durable des Appalaches estime nécessaire, légitime et vital de s’opposer fermement à l’implantation de mégaprojets éoliens industriels, tant sur le territoire de la MRC de l’Érable qu’à l’échelle des Appalaches.

 

 

Conseil d'Administration 2013-2014

 

Bourque, Yvon, Boisvert, Jacques, Gagné, Serge, Beaudoin, Réjean, Marcoux, Gervais

Mission

 

Créé en 2009, le Regroupement pour le développement durable des Appalaches estime nécessaire, légitime et vital de s’opposer fermement à l’implantation de mégaprojets éoliens industriels, tant sur le territoire de la MRC de l’Érable qu’à l’échelle des Appalaches.

 

Pour un développement régional durable

 

Le Regroupement pour le développement durable des Appalaches s’oppose donc à l’exécution du Projet éolien de l’Érable et de tout projet éolien industriel en zone habitée, tel que le proposent le Gouvernement du Québec et la société Hydro-Québec. Nous considérons que l’essence d’un véritable développement durable consiste à concilier le développement économique, la qualité de vie et la préservation de la nature. Le Regroupement estime que le modèle actuel favorise l’exploitation d’une énergie propre et illimitée, mais n’en maximise pas les retombées. En plus de ne pas avoir une incidence marquée sur la revitalisation des territoires et de ne pas exercer un effet de levier réel sur l’économie de la région, ce modèle fait en sorte que la plus grande part des profits migre à l’extérieur du Québec. Dans une perspective de vrai développement durable, le Regroupement adhère à un modèle d’exploitation régional ou coopératif grâce auquel la collectivité gère le vent et l’eau comme des biens collectifs et demeure maîtresse des décisions, notamment en ce qui concerne le nombre d’éoliennes compatible avec un tel développement. Il faut par ailleurs s’appuyer sur une vision à long terme et ne pas sacrifier le développement régional sur l’autel de la rentabilité immédiate tel que cela est actuellement proposé.

 

                                                                                           

Pour la protection de la santé et l’amélioration de la qualité de vie

 

De plus, le modèle actuel a un grand nombre de répercussions négatives importantes sur les résidants (problèmes de santé et de sécurité, dégradation du paysage, impact socioéconomique de la dévaluation foncière, nombreux impacts environnementaux, etc.) qui sont contraires à l’un des principes du développement durable, à savoir la préservation de la qualité de vie. L’étude d’impact environnemental du promoteur, la société Énerfin, traite de cet important aspect de façon superficielle et peu documentée, alors que ce modèle industriel de projet éolien fait l’objet d’études exhaustives dans plusieurs pays et d’une forte contestation, notamment en fonction des problèmes qui en découlent. Il faut également signaler qu’en permettant l’application de ce modèle de développement, le gouvernement du Québec va à l’encontre de sa propre Loi sur le développement durable (L.Q. 2006, c. 3), laquelle stipule que la protection de la santé et l’amélioration de la qualité de vie des personnes sont au centre des préoccupations relatives au développement durable.

 

 

Pour des projets démocratiques et participatifs

 

Le Regroupement dénonce tout le processus initial de ce projet; ventes sous pression et contrats secrets avec les propriétaires terriens, les municipalités et les MRC qui ont été mises devant le fait accompli et forcées de réglementer, sans information, sans outils, sans soutien et sans cadre de référence et qui devront se débrouiller avec ces installations exemptées de taxes et les obligations qui en découlent. Par ailleurs, dans le cadre du projet éolien de l’Érable, le Regroupement dénonce l’absence d’un véritable processus participatif tel que le prescrit le Guide à l’intention des élus municipaux du Québec : Énergie éolienne et acceptabilité sociale. Selon ce guide, il faut former un comité de concertation dès le début, et celui-ci doit se réunir et avoir en mains une information complète et transparente pour prendre en compte des solutions de remplacement. Après avoir insisté pour être représentés au sein d’un comité de suivi et qu’un poste d’observateur leur ait été offert, le Regroupement croit que, compte tenu du degré d’avancement du projet éolien de l’Érable, ce comité de suivi se reconnaît comme un comité d’implantation du projet, et que la sous-représentativité des résidants, des acteurs récréotouristiques et des microentreprises y est inéquitable et choquante.

 

À défaut d’une telle concertation, le Regroupement a demandé et n’a pas obtenu :

- la réouverture du Règlement de contrôle intérimaire afin d’y apporter plusieurs modifications, notamment concernant les distances séparatrices;

- l’engagement d’une société indépendante (Ruralys) pour une étude paysagère approfondie;

- une meilleure répartition des éoliennes sur le territoire de la MRC, de façon à atténuer l’impact visuel négatif de plusieurs dizaines d’éoliennes autour des résidences;

- des simulations visuelles plus ciblées, prenant en compte la réalité des résidants et les particularités du paysage;

- des études de bruit mesurant les décibels de type B et C, ceux-ci étant inaudibles et réputés avoir une forte incidence sur les humains et les animaux;

- des cartes claires et précises indiquant l’emplacement des éoliennes et de toutes les résidences se trouvant à l’intérieur du parc projeté;

- la convocation de tous les résidants par lettre personnelle pour bien expliquer le projet avec l’aide de personnes-ressources compétentes

 

Un équilibre fragile à préserver

 

Le gouvernement du Québec agit de façon précipitée et chaotique en ce qui a trait au développement de l’énergie éolienne, et il fait preuve d’opportunisme alors que nous sommes très loin d’une pénurie, à savoir que les surplus d’Hydro-Québec sont 25 fois plus grands que la production annuelle du projet éolien de l’Érable. La société Hydro-Québec, dans plusieurs déclarations contradictoires, affirme que cette énergie en surplus est destinée au marché intérieur alors qu’il n’en est rien; les prévisions d’exportation vers les États-Unis et la ligne de transport projetée vers la Nouvelle-Angleterre signifient tout le contraire. Le monde rural est un écosystème fragile où les habitants ont établi un équilibre entre l’exploitation des ressources, le patrimoine bâti et paysager, et les diverses activités humaines. Un tel projet de méga parc éolien industriel est incompatible avec le milieu retenu et met sérieusement en danger cet équilibre.

 

Les opposants au projet réitèrent leur croyance en un véritable développement durable pour la région et comptent proposer des solutions en accord avec ce principe tout en refusant l’implantation de projets éoliens industriels sur les territoires habités des Appalaches. Seuls les territoires non habités au nord de la vallée du St-Laurent sont susceptibles d’accueillir de tels projets, et ce, sur la base d’études beaucoup plus complètes quant aux éventuels impacts environnementaux, et ce, dans la perspective ultime de diminuer réellement les émissions de gaz à effet de serre.

 

Les membres du Regroupement pour le développement durable des Appalaches sont intimement convaincus que leur opposition à un tel modèle de projet éolien doit s’étendre à l’ensemble des Appalaches, car ils sont animés par le principe voulant que les décisions que nous prenons aujourd’hui sont l’héritage que nous laissons à nos enfants.