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PROJET ÉOLIEN DE L’ÉRABLE : PRÉSENTATION
Le
gouvernement du Québec a confié à la société d’État Hydro‐Québec
le mandat de lancer un appel d’offres de 2004 MW pour la production
d’énergie éolienne sur le territoire québécois. Le 7 mai 2008, dans le cadre
de cet appel d’offres, quinze projets ont été retenus dont le projet éolien
de l’Érable présenté par le promoteur espagnol Énerfin. Ce méga projet
consiste à implanter 50 éoliennes de 2 MW pour une puissance installée de
100 MW. Ces structures atteignent 450 pieds de hauteur et sont prévues
principalement sur les crêtes des montagnes des rangs 2,3 et 4 de St‐Ferdinand
et de Ste‐Sophie.
Face à cette agression territoriale, un groupe de citoyens résidants de ces
secteurs, inquiet par l’implantation d’un tel projet éolien industriel en
milieu habité, situé en zone verte de surcroît (donc protégée) et également
dans un secteur riche en activité récréotouristique, s’est donc formé pour
étudier, analyser et alerter les autorités sur les impacts majeurs d’un tel
projet. Utilisant les outils mis à la disposition des principaux acteurs de
ces projets par le gouvernement du Québec et sur la base d’autres études
québécoises et étrangères issues de l’expérience de parcs éoliens existants,
le Regroupement pour le développement durable des Appalaches
(RDDA) en est venu à la conclusion qu’un tel projet est incompatible
avec le milieu retenu. D’autant plus, qu’aucune véritable consultation
publique présentant une information objective et de qualité n’a été proposée
à la population constamment mise devant un fait accompli.
Nous jugeons donc nécessaire, légitime et vital de nous opposer à
l’implantation de tout projet de parc éolien industriel en zone habitée.
Seuls les territoires non habités sont susceptibles d’accueillir de tels
projets. Nous croyons que la protection de la santé et l’amélioration de la
qualité de vie des personnes sont au centre des préoccupations relatives au
développement durable, tel qu’énoncé dans le document « Les Orientations du
gouvernement en matière d’aménagement pour un développement durable de
l’énergie éolienne ». À ce jour, deux projets éoliens en territoire habité
(Ste‐Luce
et Aguanish) ont été abandonnés, faute de satisfaire les critères
d’acceptabilité sociale inhérents à de tels projets. Par contre, le projet
de la Seigneurie de Beaupré, situé en territoire non organisé n’a pas
rencontré d’opposition, les résidences les plus proches étant situées à une
dizaine de kilomètres du site. Le premier ministre Jean Charest et la
ministre des Ressources naturelles et de la Faune, Nathalie Normandeau, ont
été très clairs : « si les gens n’en veulent pas, il n’y en aura pas ». Par
ailleurs, dès 1997, le Bureau d’audiences publiques en environnement (BAPE),
dans son rapport sur le parc éolien Le Nordais, recommandait de ne pas
installer d’éoliennes en zone habitée (www.bape.gouv.qc.ca/Projet de parc
éolien de la Gaspésie; février 1997).
Les citoyens de St‐Ferdinand
jouissent d’une qualité de vie exceptionnelle grâce au lac William ainsi
qu’aux montagnes qui l’entourent et qui l’alimentent en eau. Les paysages,
le vent et l’eau sont des richesses collectives qu’il faut préserver pour
les générations futures. Nous sommes les gardiens du territoire et son
utilisation nous concerne tous.
QUELQUES FACETTES DES PROJETS ÉOLIENS ACTUELS
LES REDEVANCES
1. AU PLAN NATIONAL
Hydro-Québec, dans son communiqué, daté du 5 mai 2008, « annonce qu’elle
retient 15 soumissions pour un total de 2004 MW … et que le coût total moyen
des offres retenues est de 10,5 ¢/kWh. » Quel sera le prix de vente de cette
électricité ? Le tableau suivant en donne une bonne indication :
ÉVOLUTION DU PRIX DU KWH VENDU PAR HYDRO-QUÉBEC À SES
CLIENTS DES SECTEURS RÉSIDENTIEL, COMMERCIAL ET INDUSTRIEL
DE 1982 À 2007, SELON LES DONNÉES D’HYDRO-QUÉBEC.

NOTE : CE PRIX CORRESPOND AU REVENU MOYEN (REVENU DIVISÉ PAR LES VENTES) ET
NE COMPREND PAS LES TAXES PROVINCIALES ET FÉDÉRALES À LA CONSOMMATION.
Source Hydro-Québec :
http://www.mrnf.gouv.qc.ca/energie/statistiques/
statistiques-energie-prixelectricite.jsp
SAVIEZ-VOUS QUE VOTRE FACTURE D’ÉLECTRICITÉ VA AUGMENTER À CAUSE DES PROJETS
ÉOLIENS AU QUÉBEC ?
Évidemment, puisque le prix de vente moyen est de 8 ¢/kWh, il y a manque à
gagner de 2,5 ¢/kWh ! Qui paiera la différence ? Vous ! Grâce à des hausses
du prix de votre électricité ! Ce qu’il faut retenir du montage financier
des parcs éoliens, c’est que sans les exemptions de taxes, sans les
subventions, sans les faibles redevances, jamais les promoteurs
n’investiraient dans l’énergie éolienne. Finalement, c’est vous qui financez
ces projets, ramassez les pots cassés, pour ensuite voir les profits quitter
le Québec
2. AU PLAN LOCAL
Les revenus générés pour 50 éoliennes (100 MW) sont évalués annuellement
entre 21 et 25 millions de dollars. Les municipalités environnantes,
St-Ferdinand, Ste-Sophie, St-Pierre Baptiste, recevront moins de 1%, soit
environ 200,000$ des revenus du parc alors qu’en France, les communautés
perçoivent entre 10 % et 12 % ou 2, 500,000 $ pour 100 MW.
Les redevances aux propriétaires du parc Les Éoliennes de l’Érable sont de
l’ordre de 2 % des revenus ! Comparons à ce qui se fait ailleurs :
États-Unis :
3 à 6 %,
Allemagne
:
3 à 8 %,
France :
10 %. En France, les résidents riverains (résidents du parc sans éolienne),
en zone d’influence forte, reçoivent 50% des revenus versés aux
propriétaires, ceux en zone d’influence moyenne, 25%. Ici, les montants
prévus sont inconnus, mais ne dépasseront pas les quelques centaines de
dollars; par exemple St-Ferdinand disposera de 40,000 $/an pour les
riverains (évidemment, sans les avoir consultés).
ET QU’EN
EST-IL DES EMPLOIS?
Le promoteur Énerfin fait miroiter des investissements de 400 millions, 350
emplois directs (18-24 mois), 25 emplois permanents et des redevances aux
propriétaires pouvant atteindre 18,000 $. Qu’en est-il au juste ?
Selon le
« Guide à l’intention des élus municipaux, énergie éolienne et acceptabilité
sociale »,
un parc de
100MW requiert des investissements de 250 à 280 millions
(et
non 400 !),
crée entre 100 et 200 emplois temporaires
(et non 350 !), dont
le quart
environ comblé par
une main-d'oeuvre locale, et de 5 à 10 emplois permanents
(et
non 25 !).
Pendant la phase de construction, les entrepreneurs
locaux travailleront sur les infrastructures (chemins,
excavation, gravier, ciment pour la base des
éoliennes, etc.). Pour l’érection des tours, ce sera principalement des
travailleurs de l’extérieur.
Les contrats liant les propriétaires au promoteur fixent
les redevances à 2 % du revenu annuel d’une éolienne,
soit environ 8,000 $ (et
non 18 000 $ !).
Devant de telles exagérations, il y a lieu de sérieusement mettre en doute
la crédibilité du promoteur.
Enfin, la MRC de l’Érable a le 2e plus bas taux de chômage
au Québec (6 %) et il y pénurie de main-d'œuvre
dans plusieurs secteurs de l’économie, notamment en
santé. Ce n’est certainement pas un parc d’éoliennes qui va inciter les gens
à venir s’établir à St-Ferdinand, bien au
contraire; plusieurs ont déjà annoncé leur intention de
quitter afin de ne pas demeurer dans un parc d’éoliennes !
Par ailleurs, les parcs déjà construits n’ont montré aucun
boom économique, encore moins de boom démographique !
LE DÉVELOPPEMENT RÉGIONAL
Le modèle proposé (éolien industriel) n’a pas d’incidence profonde sur la
revitalisation des territoires et il n’exerce aucun réel effet de levier sur
l’économie des régions. On sacrifie donc le développement régional à long
terme pour une rentabilité immédiate, ce qui est contraire au principe du
développement durable. Bien que fournissant la ressource, le Québec ne
développe qu’une expertise limitée dans le domaine de l’éolien.
LE DÉVELOPPEMENT DURABLE
« Le développement durable procède de la conciliation entre
le développement économique, la qualité de vie et l’exploitation
raisonnable de la nature. » (Rapport Bruntland, 1987)
« Aucun parc d’éoliennes ne devrait être
construit en territoire habité. » (Rapport du BAPE, 1997)
« La Régie note de plus que si le pointage
obtenu au critère sur le développement
durable peut paraître faible »
(Décision de la
Régie de l’énergie du Québec
qui
approuve les projets éoliens actuels en toute
dernière instance,
17 oct. 2008, p.16)
Les énoncés suivants proviennent du document « Les orientations du
gouvernement en matière d’aménagement, pour un développement durable de
l’énergie éolienne » :
• « La protection de la santé et l’amélioration de la qualité de vie de la
personne sont au centre des préoccupations relatives au développement
durable. »
• « L’économie doit être performante, favorable au progrès social et
respectueuse de l’environnement. » (Les retombées quasi inexistantes et les
maigres redevances sont contraires à l’esprit de ces principes)
• « La participation et l’engagement des citoyens et des groupes qui les
représentent sont nécessaires pour définir une vision concertée du
développement et assurer sa durabilité. » (Il n’y a jamais eu de processus
de concertation véritable, les citoyens se trouvant à chaque étape de ce
processus, devant un fait accompli).
Tous les rapports du BAPE le confirment; un développement durable,
socialement acceptable, ne peut se réaliser qu’avec la participation et le
consentement des populations. Le modèle actuel ne rencontre pas le principe
d’un développement durable alors que seule la rentabilité économique est
envisagée par le gouvernement, soit la vente d’électricité à l’extérieur du
Québec. Le gouvernement envisage de
TRIPLER
LES VENTES D’ÉLECTRICITÉ VERS LES ETATS-UNIS
dans les années qui viennent sans égards à la qualité de vie des résidents
et sans vision à long terme tel que décrit dans la loi sur le développement
durable. (L.Q. 2006, c.3)
Le Règlement de contrôle intérimaire (RCI), qui encadre le développement du
projet éolien, a été adopté par la MRC de l’Érable (sans avoir consulté la
population) juste avant l’acceptation des projets par Hydro Québec de façon
à s’arrimer parfaitement au projet retenu; on a fusionné le RCI au projet,
sans avoir l’information, les outils, le soutien et sans cadre de référence,
se basant sur une réglementation désuète issue de projets éoliens datant
d’une dizaine d’années. Nous avons présenté une révision exhaustive du RCI
afin de l’améliorer et de tenir compte de plusieurs problématiques; les élus
ont voté un amendement qui empêche toute modification au RCI, rendant toute
consultation improbable ou impossible.
L’improvisation entourant l’implantation de ces méga projets est source de
dissensions, de conflits et d’affrontements dans la population parce que
l’information est inadéquate ou absente, circule mal ou ne circule pas, les
enjeux sont mal exposés et le partage des revenus totalement
INJUSTE, SCANDALEUX, VOIRE FRAUDULEUX.
Il est en effet scandaleux de déposséder les résidants riverains de leur
qualité de vie exceptionnelle, de dévaluer leur propriété et de les exposer
à des problèmes de santé majeurs.
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